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Réseau canadien de recherche sur le langage et l’alphabétisation
clarté. La science au service du développement du langage et de l’alphabétisation des enfants  
comprendre sur parole
 
 
 

Comment les enfants apprennent-ils à parler et à bien se faire comprendre? Plusieurs y arrivent apparemment sans effort, avant leur entrée à l’école. Mais, pour 3 ou 4 p. 100 des enfants, voilà tout un défi.

Bon nombre de raisons peuvent expliquer le fait qu’un enfant n’arrive pas à parler de façon intelligible. Certaines sont connues : une déficience auditive profonde et la paralysie des muscles que met en jeu la parole (les lèvres, la langue et le palais mou), par exemple. Dans d’autres cas, on ne voit pas pourquoi un enfant ne parvient pas à parler de façon intelligible à l’âge préscolaire. Quelle qu’en soit la cause, le manque d’intelligibilité du langage a de lourdes conséquences sur le développement social, les progrès scolaires et les futurs choix de carrière des enfants.

Megan Hodge, chercheuse du Réseau à l’Université de l’Alberta, travaille avec son équipe de projet à créer un outil fonctionnel et informatisé pour évaluer dans quelle mesure des enfants qui présentent de graves troubles d’élocution arrivent quand même à se faire comprendre. Ce nouveau progiciel, appelé TOCS+, permettra aux phoniatres de mesurer l’intelligibilité du langage des enfants de façon directe, normalisée et relativement rapide. Le progiciel est conçu de telle sorte que les résultats pointent vers des façons efficaces d’accroître l’intelligibilité du langage d’un enfant donné. Les résultats seront reliés à des modules de traitement que pourront utiliser les cliniciens et les familles. La version originale du progiciel sera en anglais, mais on envisage une collaboration avec des partenaires du Réseau pour élaborer aussi une version française.

« Mon expérience avec une version précédente de TOCS m’avait convaincue de son intérêt », dit Hodge. Dans un cas, des parents avaient remarqué l’absence d’expression du visage chez leur fillette de 11 mois. Après avoir diagnostiqué chez elle la perte d’audition, à l’âge de 18 mois, on a constaté qu’une amyotrophie avait entraîné une paralysie permanente du visage. Parce qu’elle ne pouvait remuer les lèvres, elle ne pouvait ni sourire ni prononcer des mots. Je me suis servi d’une version précédente de TOCS pour déceler de nouvelles possibilités d’accroître l’intelligibilité de son langage et mesurer périodiquement, à l’aide de celles-ci, son progrès sur une période de cinq ans. Ces démarches reposaient notamment sur l’utilisation de phrases complètes plutôt que de simples mots, sur l’utilisation de la langue de façon originale pour former des sons semblables à ceux formés avec les lèvres, sur la prononciation des voyelles et des consonnes aussi distinctement que possible pour les auditeurs peu habitués à sa manière de s’exprimer et sur l’utilisation des lettres de l’alphabet pour donner davantage d’information aux auditeurs lorsque la communication défaillait. C’est une enfant remarquable. Nos mesures TOCS ont montré qu’elle est parvenue à une intelligibilité de 95 p. 100 et a pu la maintenir. Des analyses acoustiques plus poussées des enregistrements de ses séances TOCS ont montré qu’elle avait pu compenser la paralysie de ses lèvres en utilisant sa langue de nouvelles façons. »

Le programme de recherche de Hodge et la nouvelle application informatique permettront aux professionnels de mesurer l’intelligibilité du langage des jeunes enfants de façon directe, valable et relativement rapide et d’aider les enfants à augmenter leurs chances de faire comprendre leurs messages verbaux. Cette connaissance nouvelle et partagée et cet outil qui fait gagner du temps devraient augmenter les chances de tout enfant canadien de communiquer de manière efficace.

 

   
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